Drone
A1/A3 ou A2 : quel titre de télépilote pour quel drone ?
Vous venez d’acheter un drone, ou vous hésitez entre deux modèles, et la même question revient : quelle différence entre A1, A3 et A2 pour un drone, et de quel titre avez-vous besoin ? Tout dépend du marquage de classe de l’appareil et de la distance à laquelle vous volerez des personnes.
Par Marc Ané, vidéaste, ingénieur du son et télépilote à Thiers. Lecture : 7 min
En bref. La différence entre A1/A3 et A2 tient à la distance aux personnes. L’attestation A1/A3, gratuite et en ligne, couvre les drones C0 et C1 près des personnes, et les vols loin de tout en A3. Le brevet A2 ajoute le vol d’un drone C2 à 30 m des personnes, ou 5 m en mode basse vitesse.
| Critère | A1 | A2 | A3 |
|---|---|---|---|
| Drones concernés | C0 et C1 | C2 | C0 à C4, et drones sans classe de moins de 25 kg |
| Distance aux personnes | Vol à proximité possible, jamais au-dessus d’un rassemblement | 30 m, ou 5 m en mode basse vitesse limité à 3 m/s | Loin des personnes, à 150 m au moins des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives |
| Titre exigé | Attestation A1/A3 (aucun examen pour un C0) | Attestation A1/A3 et brevet A2 (BAPD) | Attestation A1/A3 |
| Examen | 30 questions en ligne, gratuit | 30 QCM en plus, 30 €, 75 % de bonnes réponses | Le même que pour A1 |
| Validité | 5 ans | 5 ans | 5 ans |
Différence A1, A3 et A2 : tout part de votre drone
La catégorie ouverte repose sur une idée simple : plus un drone vole près des gens, plus il doit être léger, bridé ou piloté par quelqu’un de qualifié. Les sous-catégories A1, A2 et A3 traduisent cette logique en distances, et le marquage de classe inscrit sur le drone, de C0 à C4, détermine dans laquelle vous pouvez voler.
C’est pourquoi la question « quel titre ? » se pose toujours avec une autre : « quel drone ? ». Un même télépilote peut voler en A1 avec un petit drone C0 le matin, puis en A3 avec un appareil plus lourd l’après-midi, sans changer de titre. Le marquage, lui, ne se négocie pas. Selon DroneXL, la liste publiée par l’EASA en février 2026 comptait 66 systèmes marqués, dont 26 DJI. Vérifiez la classe sur la fiche du fabricant avant d’acheter, pas après.
A1/A3 : le socle gratuit et ses vraies limites
L’attestation A1/A3 est le passage obligé. La page officielle du ministère en fixe les règles : formation en ligne gratuite, puis un examen accessible depuis AlphaTango, rubrique « Mes titres de télépilote ». « L’examen est également gratuit. Il consiste en une série de 30 questions, sans limite de temps. Le nombre de tentatives est également illimité. » L’attestation vaut 5 ans et elle est reconnue dans toute l’Union européenne.
En A1, un drone C0 ou C1 peut voler à proximité des personnes. Le ministère précise qu’un C0 de moins de 250 g peut même les survoler ponctuellement, mais le survol de rassemblements reste « formellement interdit » dans toute la catégorie ouverte. En A3, vous volez loin de tout : à 150 m au moins des zones habitées, commerciales, industrielles ou de loisirs. C’est aussi la sous-catégorie ouverte aux drones sans marquage de classe de moins de 25 kg.
Pour un drone de moins de 250 g de classe C0, L’Éclaireur Fnac rappelle qu’aucun examen n’est exigé. L’enregistrement de l’exploitant sur AlphaTango reste en revanche obligatoire dès que le drone embarque une caméra.
À retenir
Ce n’est pas le poids seul qui décide, c’est le marquage de classe. Un drone sans classe peut voler en A3 s’il pèse moins de 25 kg, avec 150 m de distance aux zones habitées : vérifiez avant d’acheter dans quelle sous-catégorie le modèle vous place. Pour filmer près des gens, il faut un C0, un C1 ou, avec le brevet A2, un C2.
A2 : ce que le brevet change vraiment
Le brevet d’aptitude de pilote à distance, ou BAPD, n’a d’intérêt qu’avec un drone de classe C2. Il vous autorise à voler à 30 m des personnes, et même à 5 m si le drone est en mode basse vitesse, limité à 3 m/s, soit environ 11 km/h. Avec un drone C0 ou C1, il ne vous apporte rien de plus que l’attestation A1/A3.
Le parcours se fait en trois temps. D’abord, détenir l’attestation A1/A3. Ensuite, mener une auto-formation pratique, seul, dans les conditions de la sous-catégorie A3 : la DSAC ne propose aucune formation. Enfin, passer l’examen complémentaire : 30 questions à choix multiple en une heure maximum, réussi à partir de 75 % de bonnes réponses, soit moins de 8 erreurs. Il coûte 30 €, avec une exonération possible pour les demandeurs d’emploi sur justificatif, et se passe à distance sous télésurveillance ou dans un centre CodeN’Go, comme le résume la cartographie officielle des examens.
Le brevet vaut 5 ans. Pour le renouveler, il faut refaire la formation en ligne A1/A3 et repasser l’examen A2. Le guide DSAC du candidat OPEN A2, disponible depuis la page du ministère, détaille la marche à suivre.
Vrai ou faux : six idées reçues
| Affirmation | Verdict |
|---|---|
| Avec le brevet A2, je peux survoler un public. | Faux. Survoler un rassemblement reste proscrit, quelle que soit la sous-catégorie ouverte. |
| L’examen A1/A3 est payant. | Faux. Il est gratuit, sans limite de temps, avec des tentatives illimitées. |
| Le BAPD est valable à vie. | Faux. Il vaut 5 ans, puis il faut refaire la formation A1/A3 et l’examen A2. |
| Un drone de moins de 250 g avec caméra n’a aucune formalité. | Faux. L’enregistrement de l’exploitant sur AlphaTango reste obligatoire. |
| La DSAC organise la formation pratique A2. | Faux. C’est une auto-formation, menée seul en conditions A3. |
| Le Remote ID deviendra obligatoire dès 100 g. | Pas à ce jour. C’est un projet européen, pas une règle en vigueur. |
Ce qui pourrait changer : un Remote ID dès 100 g
À la suite du plan d’action de la Commission européenne du 11 février 2026 sur la sécurité des drones, un abaissement du seuil d’identification à distance, le Remote ID, de 250 g à 100 g est envisagé, toujours selon DroneXL. L’EASA a publié dans la foulée son avis n° 06/2026, qui prévoit une mise à jour des règlements européens 2019/947 et 2019/945 sur le volet sûreté.
Il s’agit d’un projet. Rien n’est en vigueur à la date de cet article, et le calendrier comme le détail des mesures restent à fixer. Si vous achetez aujourd’hui un mini-drone de loisir, retenez simplement que les règles applicables aux plus petits appareils pourraient se durcir dans les années à venir.
Usage professionnel : quand l’ouverte ne suffit plus
La catégorie ouverte n’est pas réservée aux loisirs. Un artisan qui photographie ses réalisations, un agent immobilier ou un vidéaste peuvent y travailler, à condition de rester dans ses limites de distance, de hauteur et de masse. Quand la mission impose de voler près de tiers avec un drone plus lourd, ou au-dessus d’une zone peuplée, elle bascule dans la catégorie spécifique, qui demande d’autres titres et que traite la formation CATS et STS-01.
Réussir un QCM ne fait pas un pilote. L’examen vérifie des connaissances, il ne dit rien de vos réflexes quand le vent forcit ou que le signal GNSS décroche. Marc Ané, télépilote certifié EASA et formateur certifié DREETS, a construit sa formation drone OPEN A1/A3 et A2 pour combler cet écart : 7 heures de théorie, puis 4 heures de pratique en petit groupe, ouvertes dès 14 ans, à partir de 200 €. Et si vous cherchez simplement des images aériennes sans piloter vous-même, la prestation drone reste l’option la plus rapide.
Questions fréquentes sur les titres A1, A2 et A3
Est-il possible de voler un drone en catégorie A2 ?
Oui, à trois conditions. Votre drone doit porter le marquage de classe C2. Vous devez détenir l’attestation A1/A3, puis le brevet A2, obtenu après une auto-formation pratique et un examen de 30 questions à 30 €. Vous pouvez alors voler à 30 m des personnes, ou à 5 m en mode basse vitesse limité à 3 m/s.
Qu’est-ce qu’un drone de catégorie A1 ?
C’est un drone de classe C0 ou C1, assez léger pour voler à proximité des personnes. Un C0 de moins de 250 g peut même survoler ponctuellement des personnes isolées, selon le ministère. Le survol de rassemblements reste interdit. Pour un C1, l’attestation A1/A3 est exigée : son examen en ligne est gratuit.
Combien coûte l’examen A2 ?
L’examen complémentaire A2 coûte 30 €, payables en ligne à l’inscription. Les demandeurs d’emploi peuvent en être exonérés sur justificatif. Il se passe à distance sous télésurveillance ou dans un centre CodeN’Go. L’examen A1/A3, qui doit être obtenu avant, est quant à lui gratuit et peut être repassé autant de fois que nécessaire.
Faut-il un titre pour un drone de moins de 250 g ?
Pour un drone de classe C0, aucun examen n’est exigé. Si le drone embarque une caméra, l’exploitant doit malgré tout s’enregistrer sur AlphaTango. Les règles de vol de la catégorie ouverte s’appliquent comme pour les autres drones : hauteur, interdiction de survoler des rassemblements et respect des zones réglementées.
Quel titre pour votre drone ?
Donnez à Marc le modèle de votre drone et ce que vous voulez filmer. Il vous dit si l’attestation A1/A3 suffit ou si le brevet A2 vaut l’effort, et vous propose une session de formation adaptée.
Sources
- Ministère chargé des Transports, formation catégorie Ouverte UAS (lu le 10/10/2026)
- Ministère, cartographie des examens théoriques télépilotes (PDF)
- DroneXL, liste EASA des drones marqués et plan d’action européen (27/02/2026)
- EASA, Opinion n° 06/2026
- L’Éclaireur Fnac, drones de moins de 250 g en 2026 (27/01/2026)
Dans cet article
- Différence A1, A3 et A2 : tout part de votre drone
- A1/A3 : le socle gratuit et ses vraies limites
- A2 : ce que le brevet change vraiment
- Vrai ou faux : six idées reçues
- Ce qui pourrait changer : un Remote ID dès 100 g
- Usage professionnel : quand l’ouverte ne suffit plus
- Questions fréquentes sur les titres A1, A2 et A3
