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Que dire dans une vidéo de présentation d’entreprise ?

Que dire dans une vidéo de présentation d’entreprise quand on dispose de deux minutes et de vingt ans d’histoire ? La plupart des films qui ennuient échouent dès l’écriture : trop d’informations, aucun destinataire précis. Voici une trame, des phrases types et la liste de ce qu’il vaut mieux taire.

Par Marc Ané, vidéaste, ingénieur du son et télépilote à Thiers. Lecture : 6 min

Vignette du film d’entreprise du Pôle Jeunesse de Foix

En bref. Dans une vidéo de présentation d’entreprise, dites qui vous aidez, quel problème vous réglez, comment vous le faites autrement que vos concurrents, avec une preuve concrète, puis ce que le spectateur doit faire ensuite. Gardez un seul message principal, préférez les exemples filmés aux adjectifs, et écrivez des phrases faites pour être entendues.

Avant d’écrire : qui regarde, et pour décider quoi ?

Un même film ne parle pas de la même façon à un acheteur qui compare trois fournisseurs, à un candidat qui hésite à postuler et à un visiteur qui passe devant votre stand. Avant la première ligne, complétez cette phrase : « Après avoir vu ce film, [tel public] doit [faire telle chose]. »

Un acheteur industriel doit demander un échantillon. Un visiteur de salon doit s’arrêter. Un partenaire financier doit comprendre votre modèle en une minute. Chaque réponse produit un texte différent. Si vous hésitez encore entre film de présentation, film institutionnel et communication interne, la page vidéo d’entreprise compare ces formats, leurs usages et leur durée.

La trame en 5 temps qui fonctionne pour une PME

L’ordre du récit, du premier plan au dernier

1

L’accroche

Une situation ou une image forte liée au problème de vos clients. Pas votre logo, pas votre façade.

2

Le problème

Ce que vit votre client avant de vous connaître, dit avec ses mots à lui.

3

Votre réponse, en action

Ce que vous faites, montré au travail : des mains, des machines, des échanges réels.

4

La preuve

Un client qui parle, un résultat visible, un chiffre vérifiable. Une seule preuve forte vaut mieux que cinq faibles.

5

L’invitation

Une action précise et facile : appeler, demander une visite, télécharger une fiche.

Exemple de trame rédigée, à adapter à votre activité :

« [Plan serré d’une pièce rayée, mise au rebut.] Une rayure, et c’est toute une série qui repart. [Responsable qualité d’un client, face caméra :] On avait un taux de reprise qui nous coûtait cher. [Atelier, opérateur au travail :] Ici, chaque pièce est contrôlée avant de quitter la ligne. [Le même client :] Depuis, nos reprises ont nettement baissé. [Carton final :] Envoyez-nous une pièce, nous vous montrons ce que nous en faisons. »

Remarquez ce qui manque : la date de création, l’effectif, la liste des machines. Ces informations ont leur place sur votre site, pas dans les deux premières minutes de votre film.

Ce qu’il vaut mieux ne pas dire

À rayer de votre script

Vrai ou faux : « on retient 50 % de ce qu’on voit et entend » ?

Ce pourcentage, opposé à 10 % pour ce qu’on lit, circule dans de nombreux articles, dont des guides comme celui d’Appvizer. Il ne renvoie à aucune étude identifiable. Ne le reprenez pas dans votre film ni dans votre argumentaire : une statistique sans source affaiblit le message qu’elle devait renforcer.

Voix off, dirigeant ou équipe : qui porte le message ?

La voix off garantit un texte maîtrisé au mot près. Elle reste distante : personne n’incarne l’entreprise.

Le dirigeant donne un visage et une conviction. Le risque est la récitation, qui se voit immédiatement. La parade consiste à remplacer le texte appris par une interview filmée : on pose des questions, on construit le propos au montage.

Les équipes apportent la crédibilité du terrain. Un technicien qui explique son geste convainc souvent plus qu’un discours de direction. Pour voir un message construit à partir de la réalité d’un poste plutôt que d’un discours, l’étude de cas vidéo de recrutement Stellantis en donne un exemple.

Dans la plupart des films de PME, un mélange fonctionne : une voix pour relier, des visages pour prouver. L’enquête Wyzowl 2026 montre d’ailleurs que les prises de vues réelles restent le format dominant, avec 51 % des vidéos produites, contre 23 % pour l’animation.

Écrire pour l’oreille, pas pour l’œil

Un texte qui se lit bien peut s’entendre très mal. À l’écrit, le lecteur revient en arrière. À l’écran, le spectateur n’a qu’une seule écoute. D’où quelques règles :

  • une idée par phrase, et des phrases de moins de quinze mots ;
  • un seul chiffre par phrase, arrondi s’il le peut ;
  • le sujet et le verbe au début, jamais une subordonnée de trois lignes en ouverture ;
  • pas de mot que vous ne diriez pas à voix haute à un client.

Le test est simple : lisez votre script à voix haute, chronomètre en main. Là où vous butez, le spectateur décroche. Cette exigence vient de la radio, où le texte n’existe qu’à l’oreille. C’est l’une des expériences que Marc Ané, vidéaste basé à Thiers et passé par la télévision et la radio, met au service de l’écriture, première étape de toute production vidéo professionnelle.

Une vidéo, trois montages

Le message reste le même, la façon de le dire change selon l’endroit où le film sera vu. Selon Médiamétrie, quatre minutes sur cinq passées en ligne en France le sont sur mobile : la version pour les réseaux mérite d’être pensée dès l’écriture, pas découpée à la fin. Et si vous exportez, prévoyez des sous-titres en anglais. À Thiers, le salon Coutellia accueille 300 exposants venus de plus de 22 pays, d’après son dossier de presse 2026 : l’international y est une réalité quotidienne pour bien des entreprises.

Adapter le texte au lieu de diffusion
Lieu de diffusionCe qui change dans le texteFormat conseillé
Site internetVersion complète, appel à l’action vers le contactHorizontal, sous-titré
SalonLe bruit empêche d’entendre : le message passe par des textes courts à l’écranBoucle sans son, sous-titres incrustés
Réseaux sociauxL’accroche dans les toutes premières secondes, un seul messageVertical, sous-titré

Faire écrire le script par une IA ?

Les outils d’IA et de modèles occupent une grande partie des résultats de recherche sur ce sujet. Ils savent structurer un plan, proposer dix accroches ou raccourcir un paragraphe. Ils ne savent pas ce que disent vos clients, ce qui se filme réellement chez vous, ni quelle phrase sonnera juste dans la bouche de votre chef d’atelier. Ils produisent aussi volontiers les formules creuses de la liste ci-dessus. Utilisez-les comme un assistant de reformulation, pas comme un auteur, et vérifiez chaque affirmation qu’ils avancent.

Mettre le film en ligne pour qu’on le trouve

Créez une page de lecture dédiée pour chaque vidéo, si cela est pertinent pour votre activité.

Google Search Central, bonnes pratiques pour les vidéos

Beaucoup de PME placent leur film en bas de la page d’accueil. Les recommandations de Google vont dans un autre sens : une page dédiée, une vignette valide, et des données structurées VideoObject avec un titre et une description propres. Le texte de cette page peut d’ailleurs reprendre votre trame en 5 temps, utile aussi bien aux moteurs qu’aux visiteurs qui préfèrent lire.

Questions fréquentes

Définissez d’abord le public et l’action attendue, écrivez une trame courte (accroche, problème, réponse, preuve, invitation), choisissez qui parle, puis tournez des situations réelles plutôt que des plans génériques. Le son et la lisibilité sans le son, grâce aux sous-titres, comptent autant que l’image.

Parlez à une seule personne imaginaire, pas à une foule. Évitez de lire : préparez trois idées, pas un texte. Laissez-vous interviewer si l’exercice vous met mal à l’aise, les réponses seront plus naturelles. Choisissez un lieu calme qui dit quelque chose de votre métier, et faites un essai avant le jour J.

Seulement si elle sert le message. Une entreprise familiale qui transmet un savoir-faire depuis plusieurs générations tient là un argument. Une date de création citée par habitude, non. Posez-vous la question : ce que je raconte aide-t-il le spectateur à décider ?

Un message principal, appuyé par une ou deux preuves. Au-delà, le spectateur ne retient plus rien de précis. Si vous avez plusieurs publics ou plusieurs offres, mieux vaut plusieurs films courts qu’un seul film qui essaie de tout dire.

Votre script tient-il en une phrase ?

Envoyez-moi votre brouillon de texte, même en vrac. Je vous le renvoie annoté : ce qui se filme, ce qui se coupe, ce qui manque. On parle tournage ensuite. Par téléphone : 06 62 47 59 41.

Sources

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